Études isiaques

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Ce que sont les études isiaques...

Ce site est dévolu aux études isiaques. Or, pour qu’un domaine de recherche existe, il doit être clairement défini sur le plan lexical et délimité sur le plan chronologique et spatial. Ceci est d’autant plus nécessaire lorsque le champ d’investigation est relativement neuf et situé aux confins de domaines a priori déjà consacrés par l’historiographie.

Qu’entend-on donc par isiaque ? S’il est une religion intimement liée à son cadre géographique et social, c’est bien celle de l’Égypte pharaonique. Pourtant, par un étonnant paradoxe, certains des dieux de la Vallée du Nil se sont répandus à travers la Méditerranée gréco-romaine, loin du fleuve, loin de Pharaon. Certes, il ne s’agit pas d’une exportation de la religion égyptienne dans son ensemble ni même en tant que telle. Seule Isis et quelques divinités associées ont atteint les rivages du nord de la Méditerranée.

Auparavant, par le commerce phénicien, des formes et des thèmes égyptiens, ou plus souvent égyptisants, s’étaient diffusés dans la Méditerranée orientale et, par Carthage, jusque dans la péninsule Ibérique. Puis les Grecs avaient pu procéder à une sorte d’interpretatio graeca du panthéon pharaonique, dont Hérodote (II, 137) offre un bon exemple. Très en faveur sous la dernière dynastie indigène, celle des Nectanébo, Isis prend avec les premiers Lagides une nouvelle envergure, presque un nouveau départ, qui la mène loin de ses terres du Delta. Son parèdre est désormais Sarapis, dieu composite qui lui est associé sans doute dès le début du IIIe siècle av. J.-C.

Dans l’orbe du couple se tiennent le dieu psychopompe Anubis à tête de canidé et le petit Harpocrate, c’est-à-dire Horus l’enfant, sans oublier Apis, Bubastis, Hermanubis, Horus, Hydreios, Neilos, Nephthys et Osiris lui-même, soit une douzaine de divinités appartenant à un même cercle mythique, cultuel et liturgique. C’est le culte hors d’Égypte, entre le début du IIIe siècle av. J.-C. et la fin du IVe siècle apr. J.-C., de ce singulier panthéon que l’on qualifie d’isiaque.

L’expression « cultes isiaques » peut paraître ambiguë, puisqu’elle se construit sur le seul nom de la déesse Isis, négligeant les autres divinités du cercle. Cela n’est cependant guère dérangeant dans la mesure où la déesse apparaît incontestablement comme la figure centrale de ce panthéon singulier. On préférera d’ailleurs parler de cultes isiaques (au pluriel), afin d’intégrer sous ce vocable les autres divinités énumérées ci-dessus. Lorsque l’on souhaitera traiter ou évoquer le culte de la seule Isis, on parlera de culte d’Isis plutôt que de culte isiaque (au singulier), expression qui pourrait prêter à confusion.

Les études isiaques s’attachent à une meilleure compréhension de ce phénomène qui transforma deux divinités originaires d’Égypte - Isis et Sarapis - en divinités universelles aux premiers siècles de notre ère.

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